Suffrage universel dédié à Ledru-Rollin, Frédéric Sorrieu, 1850. Musée Carnavalet, Paris.
Suffrage universel dédié à Ledru-Rollin, Frédéric Sorrieu, 1850. Musée Carnavalet, Paris.

Edito : un printemps présidentiel

L'éditorial du rédacteur en chef de Lyon Capitale.

Avril, premier mois complet du printemps. "Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire." Il faut relire Hugo et son romantisme. Il donne une couleur poétique au paysage actuel, certes germinal mais aussi particulièrement cérémonial.

Parce qu’avril, cette année, est un mois d’élection présidentielle. Tous les Français âgés de plus de dix-huit ans peuvent voter. Ils ont une légitimé nationale. Avril doit être empli de solennité.

L’élection présidentielle est un moment de rassemblement. Grâce au suffrage universel direct, chacun a l’occasion de participer à la vie politique du pays. Dans Penser le changement (2002), François Bayrou écrivait que "plus aucun citoyen ne croit qu’il puisse aujourd’hui changer concrètement sa vie, sa propre vie, par son bulletin de vote".

Une partie du peuple français le pense. Dégoût de la politique suite aux affaires émaillant les campagnes, insatisfaction devant les programmes des candidats, désillusion du "ça ne sert à rien”, mécontentement de la non-reconnaissance du vote blanc, etc. Le risque d’abstention massive n’a d’ailleurs jamais été aussi fort pour cette élection présidentielle sous la Ve République.

Plus que les manifestations dans la rue, le bulletin de vote est le message le plus clair et le plus direct que peut envoyer un citoyen. On ne fait pas grève contre une élection. Ne pas user de ce droit revient, en définitive, à faire disparaître tous les autres droits dont nous jouissons.

Se demander si cela vaut la peine de voter est le privilège des citoyens libres. Combien de guerres, combien de morts, quel sang coulé pour obtenir le droit de vote ? Ne pas aller voter, c’est effacer l’Histoire. Ne pas voter, c’est marcher sur les morts. Ne pas voter, c’est cracher sur les tombes de tous celles et ceux qui ont sacrifié leur vie pour pouvoir voter.

Voter est non seulement un droit mais c’est aussi une liberté. C’est un luxe, une chance que nous avons en France. Voter est une responsabilité. Bouder le scrutin, c’est faire un bras d’honneur à tous les peuples qui aspirent à la liberté au péril de leur vie. Ne pas voter revient, enfin, à laisser à d’autres la possibilité de décider pour nous.

Cette élection présidentielle sera la première expression démocratique après une année en trompe-l’œil qui nous a tous plongés dans un épais brouillard. Avec le printemps, l’espoir est permis. Aperto tempore. Allons enfants de la patrie !

"Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
À travers l’ombre immense et sous le ciel béni
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.”

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