Désormais les « Jours » des Nuits Sonores se dérouleront aux anciennes Usines Fagor Brandt. (Crédit Brice Robert)

Lumières

L'éditorial du rédacteur en chef de Lyon Capitale

Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui voient le verre à moitié vide et ceux qui le voient à moitié plein (quant à ceux qui le voient continuellement plein, ils ont très probablement un problème de boisson). Les optimistes et les pessimistes. Prenez l’éducation. Dans le dernier PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui évalue tous les trois ans les compétences en lecture, sciences et mathématiques des élèves de 15 ans
dans 79 pays de l’OCDE, la France se classe 23e, très légèrement au-dessus de la moyenne.

Con carne. Le naufrage. Là où la copie n’est plus seulement médiocre mais devient véritablement mauvaise, c’est dans l’évaluation internationale TIMSS, une comparaison du niveau de connaissances scolaires en mathématiques et en sciences des élèves de CM1 et de 4e. La France arrive avant- dernière, juste devant le Chili. Seuls 2% des petits Français atteignent le niveau “avancé” en maths, contre 11% dans l’Union européenne et 50% à Singapour. On se frotte les yeux.

Il faut revoir notre système éducatif. Rien de bien nouveau sous le tableau. Une première lumière est venue de l’apprentissage. Probablement l’un des grands succès d’Emmanuel Macron. En deux ans, le nombre d’apprentis a doublé. “Nous avons affaire à un colossal problème de compétences. Le niveau de compétences des adultes en France est très mauvais, par rapport à d’autres pays européens. Les entreprises sont bloquées dans leur modernisation par le défaut de compétences de leurs salariés” explique dans nos colonnes l’économiste Patrick Artus.

Il existe un bien réel décalage entre les besoins de la société et la manière dont on continue d’apprendre aux jeunes, un déséquilibre entre les compétences des jeunes et celles demandées par les entreprises. Compétences scolaires d’un côté, compétences dites “transversales”, comportementales, de l’autre. Or, ces compétences comportementales sont, c’est un fait avéré, beaucoup plus précieuses dans l’employabilité.

On en vient à Lyon, avec l’Année lumière, une initiative 100% lyonnaise. Un an de transition pour les 16-25 ans, indécis sur leur orientation, du décrocheur au diplômé postbac, en passant par le déçu de Parcoursup, pour prendre le temps de réfléchir – on n’est pas à un an près – et de construire leur projet d’avenir. L’association, qui entame sa troisième rentrée (près de 100 étudiants), vient d’obtenir la certification danoise Højskole, devenant ainsi la première école de ce type en France.

Inspiré du modèle éducatif danois, qui considère qu’une approche globale de la personne, la mettant au centre de ses apprentissages et de ses deécisions est la clé de la réussite, le programme de l’Année lumière repose principalement sur les interactions sociales et la pédagogie active.

Une méthode de pédagogie innovante pour lutter contre le décrochage scolaire, redonner l’envie d’apprendre, comprendre et acquérir des compétences qui seront utiles tout au long de la vie. Et une embellie bienvenue, alors que l’inspection générale de l’Éducation vient d’épingler l’exécutif sur sa politique d’orientation des élèves.
Quand quelque chose ne marche pas, autant essayer ce qui marche ailleurs. À tout le moins, s’en inspirer.

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