Nuit Debout
Moran Kerinec

Présidentielle 2017 : Nuit Debout peine à s’éveiller

Parallèlement à la soirée électorale, le mouvement Nuit Debout avait tenté d’organiser à Lyon une agora sur le thème “Le premier tour et après ?” ce dimanche. Une vingtaine de personnes étaient présentes en fin d’après-midi autour de la “bibliothèque Debout”, une cinquantaine dans la soirée pour les groupes de discussion, mais sans réussir à animer les débats espérés.

Selon le déroulé prévisionnel de l'événement, la soirée aurait dû commencer aux alentours de 16h place Guichard et être égayée par des ateliers participatifs, des groupes de discussion, une grande agora sur le thème “Le premier tour et après ?”, suivie d’une “fête engagée” mêlant danse, musique et chanson. Mais, à 17h, à peine une dizaine de personnes étaient présentes.

Dans un coin de la place Guichard, deux tables pliables ont été montées par les volontaires de Bibliothèque Debout. Sur la première, des ouvrages de fiction, quelques thrillers, des livres pour enfants encadrent une cinquantaine d'exemplaires du supplément mai-juin 2016 du journal Fakir, qui titrait alors “Non à la loi El Khomri et à son monde”. Une vingtaine de fascicules, mis à disposition par l’infokiosque Indice, parsèment la seconde table : "Sommes-nous en démocratie ?", "Choisissez l'action non violente", "Electeur, écoute !"

“Le mouvement se meurt peu à peu”

"Je ne pense pas qu'il y aura grand monde ce soir", prévient l'un des bibliothécaires de Nuit Debout, "avec tous les événements organisés ce soir, les gens ne se déplaceront peut-être pas." Selon sa collègue, Nuit Debout a bien repris le 31 mars dernier, mais seul un noyau dur d'une trentaine de personnes est revenu lors des soirées organisées. "Le mouvement se meurt un peu", estime-t-elle. "C'est vrai que la loi El Khomri cristallisait les actions", analyse son collègue, avant de repartir sur une note plus positive : "Ceux qui s'étaient mobilisés sont aujourd'hui dans des associations, des collectifs, des syndicats... C'est aussi à ça qu'a servi Nuit Debout, à créer des liens et des engagements." L'heure passe, progressivement la foule se consolide pour arriver à une grosse vingtaine de Lyonnais venus engager la discussion sur la politique locale, les élections et l'avenir du mouvement.

Quelques heures plus tard, Nuit Debout a toujours du mal à s’éveiller. Une cinquantaine de jeunes passent le temps sur les estrades de la place en discutant, certains sirotent des bières. Par à-coups, des petits groupes arrivent alors que d'autres quittent la place Guichard, sans pour autant embrayer sur l’agora attendue.

"On est arrivés à 22h30, ça a un peu grossi, sans plus", décrit Lila, une jeune femme venue participer aux groupes de discussion. En périphérie, une vingtaine de policiers patientent à côté de leurs fourgons. Une jeune militante passe avertir de la suite : "Ça bougerait du côté de la place Mazagran." "Beaucoup ?" "La même chose qu'ici." La proposition ne semble pas convaincre. Déjà, certains repartent chez eux.

À lire aussi : Présidentielle 2017 1er tour : les réactions des politiques lyonnais
Faire défiler vers le haut