Christiane Demontès : une blessure aux municipales

Et pourtant, sa victoire l'an dernier a quelque chose de fondateur dans le parcours de Christiane Demontès, au profil jusqu'alors d'apparatchik. Elle peut le dire à présent : "ma vie politique, je l'ai menée sur un territoire différent du sien". Lui c'est Gérard Collomb. Il l'avait soutenue lorsqu'elle a pris la tête du parti dans le département, en 2003. Or Christiane Demontès veut ne rien devoir à personne. Cette fille de militant communiste a su s'affirmer, s'ingéniant à faire vivre le parti contre le maire de Lyon qui ne lui en demandait pas tant. Premier accroc : lors des sénatoriales en 2004, Collomb soutient Alexandrine Pesson, maire du 5e, mais les militants tranchent en faveur de Demontès. Quelques mois plus tard, elle soutient publiquement Lyon Capitale quand le maire de Lyon s'attaque au journal.

"Elle a un côté bulldozer, décrit Sylvie Guillaume. Et elle est très courageuse". Un trait de caractère révélé lorsqu'elle a pris la décision de se présenter à Saint-Fons. Cette séquence marque un coup de froid avec Collomb. "Après le premier tour, pour beaucoup, l'affaire était pliée, j'étais défaite. Moi, je voulais me battre jusqu'au bout, notamment avec le soutien de Gérard qui devait m'accompagner dans ma campagne", relate-t-elle. Mais à quelques minutes du débat sur TLM face à son adversaire, elle reçoit un coup de fil du directeur de cabinet de Collomb. Il ne viendra pas. "Pour diriger le Grand Lyon, il a besoin de l'appui de Synergie rassemblant les maires divers droite dont faisait partie l'ancien maire Michel Denis", calcule-t-elle.

Anticipant la défaite de sa candidate, le président de l'agglo n'a sans doute pas voulu se brouiller avec le maire sortant. "J'avais la voix coupée de colère, je lui en ai voulu", confie-t-elle. Mais au soir de la victoire, arrachée à 97 voix, elle retrouve les vainqueurs socialistes à la préfecture et trinque avec Collomb, tout sourire.

Pas mécontente de ne devoir sa victoire qu'à elle-même.

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