Condemine veut casser le duel Collomb-Perben

La "jeune pousse" Anne-Sophie Condemine trouve qu'Anne-Marie Comparini tarde trop à se déclarer. Et assure se tenir "prête" pour mener la liste UDF-Modem à Lyon.

"Je suis prête à y aller". Anne-Sophie Condemine (Modem) a pratiquement fait acte de candidature lundi 17 sur France Culture. Contactée, elle assure qu'Anne-Marie Comparini reste, à ses yeux, "prioritaire" : "Elle est responsable du Modem local, elle a été parlementaire, elle a toute légitimité. C'est elle qui doit s'exprimer en premier. Mais ce serait bien qu'elle le fasse rapidement. Il faut qu'on sache ! Pour développer de l'énergie, démarrer une campagne, il faut que les militants puissent s'identifier à une personne" explique-t-elle, avant de lâcher : "Si elle n'y va pas, je proposerai ma candidature". Encore peu connue, Condemine avait été sélectionnée au printemps dernier par Lyon Capitale avec Michel Havard (UMP) ou Najat Belkacem (PS), comme une des "nouvelles stars" de la politique lyonnaise. Elle est en effet une des rares personnalités émergentes du parti centriste à Lyon. Et croit déjà crânement en ses chances : "Je suis convaincue qu'il y a de la place pour une autre offre politique que Perben-Collomb, qu'UMP-PS. Bayrou a fait 22 % sur Lyon au premier tour des présidentielles ! J'ai confiance, je peux gagner." À défaut, elle viserait au moins "la deuxième place, pour pouvoir peser fortement dans les négociations de 2e tour." Avec qui ? Le suspense continue. Condemine, qui revient des Universités d'été du Modem à Seignosse se cale sur le discours de son mentor, François Bayrou : "Avant le premier tour, on définira quelques fondamentaux de notre programme, sans lesquels on ne fera pas d'alliance. Et on verra avec qui il est possible de s'entendre." Ces fondamentaux pourraient principalement porter sur "le social, et en particulier le manque de logements sociaux", ou encore le "fonctionnement démocratique" de la mairie : "Dimanche, Bayrou a beaucoup fait référence à l'absolutisme présidentiel. On ne doit pas avoir une personne qui est partout et qui fait tout. Il faut que les responsabilités soient partagées. C'est la même chose au niveau d'une mairie". En restant aussi vague, le Modem se laisse la liberté de négocier avec Perben ou Collomb. Mais prend le risque de se marginaliser électoralement, faute d'avoir une ligne politique claire.

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