La kermesse de campagne de Collomb

L’ambiance était beaucoup plus familiale et festive que politique pour le premier meeting de campagne de Gérard Collomb. Lors de cette fête, il a une énième fois présenté son bilan, avant de s’attaquer cette semaine à son programme.

Dans son duel à distance avec Michel Havard, Gérard Collomb voulait marquer des points avec son meeting festif et familial. Raté. Comme le candidat UMP, son premier gros événement de campagne a attiré un peu plus de 1 000 personnes. Le double, clament les organisateurs, conscients que la comparaison ne leur est pas flatteuse. C'est une démonstration de force que voulait réaliser le maire de Lyon en privatisant le temps d'un après-midi le Pathé de Vaise. Ce dimanche, pas de films à l'affiche dans le multiplexe. "Mais pourquoi portent-ils tous une écharpe rose ?" se demande une mère de famille visiblement pas au courant de la privatisation du lieu.

À la place, chaque salle accueille une activité en lien avec un arrondissement : défilé de mode dans le 1er, spectacle de clown et escrime dans le 6e, match d'improvisation dans le 9e, karaté dans le 7e. L'ambiance familiale est au rendez-vous, même si certaines animations tombent un peu à plat. Dans le 2e, le quizz fait somnoler l'assistance. Exemple : "Si le deuxième était un État, quel rang mondial occuperait-il en termes de densité de population ?" Pour entendre parler politique, on pousse la porte de la salle 12 – l'intitulé de l'atelier, "Tout savoir sur vos élus", nous laisse de l'espoir. Vite déçu. L'animateur demande ainsi à Odile Belinga, tête de liste dans le 1er, si elle a "toujours eu ce look".

Le bilan, l’argument massue

Il faudra donc attendre 16h30 et le discours de Gérard Collomb pour que la manifestation diffère d'une kermesse de village. Pendant une vingtaine de minutes, le maire de Lyon donne vie à son bilan. Son discours rappelle furieusement celui prononcé 25 jours plus tôt lors de l'inauguration de son QG de campagne. La version étant réactualisée, Gérard Collomb exhorte les militants à se mobiliser à 30 jours du premier tour.

Il y greffe un aspect plus personnel en évoquant le choix du lieu : "Ce n'est pas un hasard si nous nous retrouvons dans ce quartier de l'Industrie, qui était une friche industrielle dans les années 1980 et dont le dynamisme économique d'aujourd'hui illustre l'évolution du quartier. Dans cet arrondissement, je me suis forgé la conviction qu'il faut sans cesse se battre, être toujours en mouvement, avoir un temps d'avance", explique le candidat socialiste. Au final, Gérard Collomb avance peu de nouvelles propositions. Il évoque de nouveau son souhait de créer une ligne E du métro, le prolongement de la B aux hôpitaux Sud et celui du T1 à Grange-Blanche en passant par les États-Unis.

Lyon, “un modèle pour les autres villes”

Fidèle à sa ligne de conduite, le maire en campagne ne prononce jamais le nom de ses adversaires, pas plus à droite qu'à gauche. Tout juste rappelle-t-il qu'il s'agit d'"élections locales, contrairement à ce qui peut se dire". Pour clôturer la première séquence de sa campagne consacrée au bilan avant de présenter cette semaine son programme, Gérard Collomb insiste sur son modèle lyonnais. "Nous avons attiré 77 nouvelles entreprises, c'est l'exception lyonnaise qui est le fruit du savoir-faire ensemble. Notre ville est un modèle pour beaucoup d'autres communes. C'est tout cela que nous devons préserver", fanfaronne-t-il.

"La journée est réussie. Notre objectif était de réunir les Lyonnais dans leur diversité. Nous voulions montrer que la société dans toutes ses composantes était là pour défendre notre projet, la mixité de la ville qui est au cœur de notre projet", souligne Georges Képénékian, adjoint à la culture de la Ville de Lyon. Pendant que Gérard Collomb descend de l'estrade entouré de ses têtes de liste, les techniciens du cinéma commencent à démonter les installations. La kermesse s'achève, les amateurs de cinéma peuvent revenir.

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