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Marine Le Pen sous l'influence d'un "lobby FN gay" ? Gollnisch défile sans polémiquer

A l'inverse de leur présidente, Christophe Boudot et Bruno Gollnisch battront le pavé parisien dimanche contre le mariage pour tous. Au sein du FN, l'absence de Marine Le Pen interpelle. L'hebdomadaire Minute y voit la patte d'un lobby gay au coeur du parti d'extrême droite.

Marine Le Pen est-elle captive d'un lobby gay à l'oeuvre au coeur même du FN ? Est-ce la raison pour laquelle la présidente du mouvement se refuse à manifester dimanche contre le mariage pour tous ? "Le lobby gay s'introduit partout", titrait l'hebdomadaire Minute dans un titre calembour dont ils ont le secret. "Les flamands roses sont en train de s’emparer du poulailler", s'inquiétait un cadre frontière dans l'article "Les gays de la Marine". Le journal, qui avait pris partie pour Bruno Gollnisch en 2010 lors de la primaire du FN, ne manque jamais une occasion de flinguer la nouvelle direction du parti. Et tout particulièrement l'entourage proche de la présidente, supposé compter plusieurs homosexuels influents.

"Marine Le Pen a toujours fréquenté la nuit gay"

"Marine Le Pen, c'est le phénomène Dalida, elle est adulée par un encadrement gay, elle a toujours fréquenté la nuit gay, de même que son père a toujours eu des personnes homosexuelles parmi ses amis. Le Pen (père, ndlr) n'aime pas les folles, ni la revendication communautaire. Si un mec correspond à son idée de la virilité mais est gay, il s'en fout. Ce sont des gens très bohèmes", racontait Nicolas Lebourg, docteur en histoire et spécialiste de l'extrême droite, dans une interview aux Inrocks.

En face, les gays ne fuient plus le parti à la flamme tricolore. Dans le livre "Pourquoi les gays sont passés à droite" (Le Seuil, 2012), Didier Lestrade explique que nombre d'entre eux s'estimant menacés par l'islam rejoignent les rangs de l'extrême droite. Et Marine Le Pen le sait bien, elle qui a accordé avant la présidentielle un entretien au magazine Têtu. Ce flirt ne la conduit cependant pas à soutenir le mariage homosexuel et encore moins l'adoption par des personnes de même sexe. "Le FN est le seul parti à avoir à l'unanimité la même position : nous sommes contre le projet du gouvernement", souligne Christophe Boudot, secrétaire départemental du FN.

Boudot et Gollnisch, porte Maillot

Marine Le Pen invoque le risque d'apparaitre à la remorque de l'UMP pour expliquer son refus de défiler dimanche. Lors du récent bureau politique du FN, le trésorier du mouvement, Wallerrand de Saint-Just a aussi affirmé que le texte constituait "une provocation gouvernementale destinée à cacher ses échecs économiques (…) et à resserrer ses rangs avec son électorat bobo". Raison de plus, selon lui, pour ne pas tomber dans le piège en s'impliquant dans ce débat.

Ces arguments n'ont pas convaincu tout le monde au FN. Marine Le Pen "est sur une position très mesurée qu'on a acceptée", reconnaît Christophe Boudot. "Je souhaitais qu'elle manifestât ou qu'elle lançât un appel plus tôt" précisant la possibilité pour les militants de rejoindre un cortège FN au départ de la porte Maillot, indique Bruno Gollnisch. Lui en sera, "comme les 9/10e du bureau politique", précise-t-il. Quant aux allégations de Minute à propos de l'existence d'un lobby gay au coeur du pouvoir frontiste, le conseiller régional botte en touche. "Je ne me préoccupe pas de la vie privée des gens dès lors qu'elle n'a pas d'incidence sur leur vie publique". Même si, en l'espèce, incidence il y a...

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