Woerth veut réduire le nombre de fonctionnaires “gentiment”

Eric Woerth était ce matin à 8h10 l’invité politique de Christophe Bordet sur Sud Radio. Le député, ancien ministre du Budget, a salué la réforme territoriale, “seule réforme structurelle annoncée par Hollande”. Mais, en plus de supprimer les départements et de réduire le nombre de régions, “s’il le fait”, François Hollande devra aussi, selon lui, “réformer la politique sociale du département” et “réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux”.

Sur le chiffre de la croissance au 1er trimestre 2014, croissance nulle du pays, "ce n'est pas bon, réagit l'ancien ministre du Budget. La France est empatouillée dans ses complexités, dans ses impossibilités à se réformer. Les autres pays vont beaucoup plus vite. Ils ont moins de difficultés à se réformer." Or, ce qui est inquiétant pour Eric Woerth, "ce n'est pas le chiffre en lui-même, c'est le décrochage par rapport à d'autres pays. L'Allemagne, l'Angleterre et même l'Espagne et le Portugal se sont réformés, le commerce extérieur de l'Italie s'est réformé... même la Grèce va mieux. Nous, notre pays a tendance à toujours renouer avec ses vieux démons, c'est-à-dire qu'on annonce des réformes puis, lorsque ces réformes sont prêtes, on considère qu'il y a beaucoup d'exceptions qui doivent être faites. Et souvent ces réformes ne sont pas financées, nos engagements ne sont pas tenus."

“On ne comprend plus rien”

Sur la cote de popularité de François Hollande, le député UMP ne sait plus quel conseil donner à François Hollande : "Il y a un tel rejet du président de la République aujourd'hui. C'est très inquiétant pour la santé sociale et économique de notre pays." Le résultat, selon lui, c'est que "le discours de François Hollande est très inaudible aujourd'hui. Le président a beau parler, ou le Premier ministre, ça ne donne rien. Ça ne change rien, on voit simplement que tout cela manque de direction. On ne comprend plus rien."

“On est les mauvais élèves de la classe européenne”

Enfin, sur la réforme territoriale, "seule réforme structurelle annoncée par le Gouvernement, c'est bourré d'allers et retours, de contradictions, on peut être favorable à la suppression des départements, j'y suis personnellement favorable, on peut être favorable à ce qu'il y ait un peu moins de régions. Mais, ce qui est plus inquiétant, c'est d'avoir un gouvernement qui fait, défait, refait, remet sur le métier une nouvelle réforme, et en même temps repousse la date des élections. Simplement parce qu'il a peur. (…) Il n'y a pas de construction. On a besoin de fond, de temps, de cohérence. Et la politique française, aujourd'hui, elle n'est pas suffisamment cohérente et ça se voit dans les résultats économiques, qui ne sont pas bons. On est les mauvais élèves de la classe européenne."

Dans le cadre de la réforme territoriale, le Gouvernement annonce des économies. "Le département fait de la politique sociale mais, si vous ne réformez pas la politique sociale du département, vous faites très peu d'économies, juge l'ancien ministre du Budget. Il faut réformer les aides sociales des départements, c'est plus de 50 % de leur budget. Il faut regarder les conditions d'attribution, les niveaux, les montants, la durée d'attribution, les critères de sélection, les droits et les devoirs qui y sont attachés. C'est vrai pour les grandes prestations sociales qui sont délivrées par les départements."

Réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux, “il faut le faire gentiment”

"Quand M. Hollande aura supprimé les départements et réduit le nombre de régions, s'il le fait, il faudra évidemment se poser la question du nombre de fonctionnaires territoriaux, et cela nécessite une réduction du nombre de fonctionnaires régionaux, communaux. Il faut le faire gentiment, ce ne doit pas être quelque chose de brutal, de violent. Mais c'est bien dans les collectivités locales que le nombre de fonctionnaires a le plus augmenté. Il faut y mettre de l'ordre."

"Il va y avoir beaucoup de bataillons de fonctionnaires qui vont partir à la retraite", Eric Woerth propose d'en profiter. "Il faut moins de fonctionnaires, mieux payés", termine-t-il.

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