Nounou, mode d'emploi...

Faire garder bébé devient une urgence. Attention. Dans la vague de professionnalisation du métier, on ne parle plus de nourrices mais d'assistants maternels, et les parents sont devenus les recruteurs.

"Garder des enfants est devenu un vrai métier". Pour Joëlle Bertholo, présidente du Relais assistantes maternelles du 7ème arrondissement, les choses ont évolué. "La formation est indispensable, même si l'on est mère de famille."
Une fois l'option crèche écartée, faute de place, l'assistante maternelle est la solution préférée des parents et la plus répandue dans le Rhône. Nadège et Laurent, parents déçus, expliquent : "On aurait préféré qu'il reste dans un circuit public, qu'il se socialise au contact d'autres enfants, qu'il soit bien encadré. Le faire garder dans un autre appartement n'apporte pas énormément."
L'assistante maternelle, une solution très souple
Agréée par le conseil général, l'assistante accueille l'enfant chez elle. Ses horaires sont plus souples que ceux de la crèche et elle peut, par exemple, administrer des médicaments à l'enfant s'il a une ordonnance. Mais trouver une assistante maternelle peut relever du parcours du combattant. La situation de François, jeune père, n'est plus exceptionnelle : "J'avais trouvé une assistante maternelle mais elle a préféré arrêter pour garder un autre enfant qui offrait plus d'heures de garde. J'ai du me mettre en arrêt maladie quelques jours pour pouvoir garder mon fils pendant mes recherches. "
Casting d'assistantes
La phase délicate du "recrutement" commence alors. Il faut d'abord définir ses attentes.
Les temps partiels sont souvent refusés par les assistantes maternelles. Mathilde Rivière, mère d'un enfant de 3 ans, se souvient de sa quête. "J'ai appelé toutes les assistantes de Saint-Fons, ma commune, sans résultat. Elles n'étaient pas intéressées par 24 heures de garde par semaine. J'ai finalement trouvé quelqu'un qui acceptait des temps partiels sur Lyon, au bout d'une quarantaine de coups de fil."
Se séparer de son petit pour le laisser à une inconnue n'est pas forcément une perspective réjouissante. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut rencontrer plusieurs assistantes maternelles et leur poser les bonnes questions.
L'agrément indispensable
La première chose à demander est bien sûr le statut de la personne. Une assistante maternelle agréée est formée, son logement et son entourage sont contrôlés tous les cinq ans. Précaution qui peut s'avérer utile : depuis deux ans, le département vérifie le casier judiciaire de la nounou et des adultes vivant sous son toit avant de l'agréer.
"Surtout, ne pas hésiter à poser toutes les questions pratiques qui éviteront les malentendus par la suite : est-elle fumeuse, a-t-elle des animaux, comment envisage-t-elle l'éducation de l'enfant ?" conseille Joëlle Bertholo. "La bonne maîtrise du français oral est un critère de choix pour certains parents, une langue étrangère peut être un plus pour d'autres."
Reste ensuite à se mettre d'accord sur un salaire. La base est fixée à environ 1,9 euros nets de l'heure mais est peu pratiquée. En centre-ville, comptez plutôt 3,20 euros. A cela s'ajoutent les indemnités d'entretien, au minimum 2,65 euros par jour et de frais de repas, dont le prix est à fixer. En centre-ville et selon les quartiers, les tarifs sont plus élevés en fonction de la demande.
Une nounou à partager
Pour des raisons financières et pratiques, la formule "garde partagée" proposée par des associations a de plus en plus de succès. Il s'agit de partager les frais de nourrice avec d'autres parents, les enfants étant accueillis tour à tour au domicile des deux familles. La personne employée peut être une assistante maternelle, mais elle perd son statut en ne travaillant pas à son domicile. Là, à moins de s'être pris au jeu du recrutement, il est plus simple de choisir une famille que l'on connaît déjà.

Témoignage - Isabelle, 18 ans, étudiante en psychologie : "Ma nounou nous a appris ses valeurs, l'entraide et la générosité"

"J'ai eu la même nounou de 3 semaines à 10 ans. Elle nous gardait à midi et après l'école dans une grande maison, moi et une quinzaine d'enfant de mon école de Villeurbanne. Je garde plein de souvenirs de cette époque, des repas pris tous ensemble, où les plus grands aidaient les plus petits, de la traditionnelle sortie cinéma de Noël, l'immense sapin dans le salon... Elle nous a appris ses valeurs, l'entraide, la générosité. J'ai une photo de moi bébé à côté d'un autre bébé, une amie que j'ai gardée aujourd'hui."

Pratique : les premiers pas dans la quête
- Pour tenter de trouver une place en crèche et se renseigner, se rendre dans un point d'accueil info petite enfance (Paipe). Il en existe dans presque tous les arrondissements de Lyon et dans les communes alentour.
- Les maisons du département du Rhône (MDR) délivrent des listes à jour d'assistantes maternelles disponibles.
L'annuaire des Maison du Rhône sur www.rhone.fr.
- Pour connaître vos droits et rencontrer des assistantes maternelles, des Relais assistantes maternelles (Ram) poussent un peu partout en France. Créés en 1989, ils permettent aux assistantes de sortir, de se retrouver pour échanger entre elles.
La liste des Ram sur www.lyon.fr rubrique famille-enfance.
- Attention : les sites ou associations mettant en relation parents et nounous ne recrutent pas forcément des personnes diplômées en petite enfance, ou ayant le statut d'assistantes maternelles. Sur le Grand-Lyon : www.allo-nounous.com
En chiffres
- Il y a environ 14000 assistantes maternelles dans le Rhône, pouvant accueillir jusqu'à trois enfants chez elles en même temps.
- Les trois quarts des enfants confiés à des gardes d'enfants sont confiés à des assistantes maternelles.
- 694 places en crèche et 10 relais assistantes maternelles ont été créés à Lyon depuis 2001.

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